Asie du Sud Est et Pacifique

14. janv., 2018

Lorsqu'on a exhumé cette photo d'archive , datée de 1900 , on a eu un choc... 

Choc culturel de voir l'immensité de ce temple souterrain (a droite des hommes donnent l' echelle)  de la richesse de ces piliers, presentant des creatures des plus intriguantes pour ne pas dire effrayantes. 

On aurait pu fermer l'album photo, oublier cette vision , ne pas l' affronter, mais alors on ne s'appelerait pas "histoire-secrete.fr" mais "on-montre-que-du beau-et-du consensuel.com"

Alors on a cherché , et on a trouvé, de quoi il s'agissait...

Il s'agit d'une reproduction des sous-sols d'un temple sous le Pnôm Penh ... (colline de Penh - Pnôm signifie colline en cambodgien)

Reproduction fidèle à l'original ou bien librement adapatée ? Ca seul les rois Khmers/ cambogdiens  pourraient nous le dire... car cela fait partie de ces lieux fermés aujourd'hui au commun des mortels. 

Les piliers et decorations sont conformes aux cultures hindouistes et bouddhistes. 

Reproduction qui se situait où ? ... A Paris / France ! 

En effet cette photo fut prise en 1900 à Paris dans le cadre d'une exposition universelle , où pour le Cambodge (alors " Indochine française") avait été reconstitué en surface tout ceci :

 

et donc en sous sol de ce tertre reconstituant la colline  Penh , avait été creusé une vaste grotte en beton armée qui constituait le travail le plus remarquable et le plus audacieux de cette exposition universelle en 1900.

Et alors que nos recherches s'orientaient vers la mythologie Khmer pour essayer d'expliquer ces creatures sur les piliers , la reponse est venue d' Inde (comme souvent pour cette zone Asie quand cela concerne des temples). 

 Il s'agit de YALI  une creature mythologique appartenant à l' iconagraphie dravidienne (Inde du Sud) "En Inde , ils apparaissent d' abord dans la littérature ancienne, mais seulement depuis le début de l' époque médiévale , ils gagnent une large diffusion comme un emblème royal. 

De l'Inde, ces créatures ont également conquis d'autres paysages culturels de l'Asie du Sud-Est et donc içi pour ce cas des temples cambodgiens. 

 Ces creatures chimeriques effrayantes ( qui m'ont valu de perdre 3 suiveurs sur twitter dans l' heure ou j'ai posté la photo Grand sourire...) sont une sorte d' hybride Lion et Griffon parfois d'autres animaux (crocodiles, elephants , animaux cornus etc..) son corps est souvent celui d'un cheval qui se cabre, et ses pattes sont souvent celles d'un oiseau. Dans certains cas (comme pour ce temple) , ils tiennent la fin de leur queue de serpent dans la bouche , d'en d'autres c'est leur nez allongé qui est en forme de trompe. 

 

Presque partout, ils sont présentés dans une posture cabrée , qui suggère une certaine agressivité.  Dans le Nord de l' Inde ils ont plus une apparence générale de Lion. 

Cette représentation de Yali est devenue l'emblème de la dynastie Hoysala au Karnataka en Inde. 

Nous avons donc bravé nos peurs et dompté le Yali pour cet article, et cela a permi de découvrir un site et cas peu commun et un nouvel autre aspect intéressant des civilisations asiatiques. 

@HistoireSecrete  Janvier 2018

1. déc., 2017

La civilisation Khmer du Cambodge (de 800 à 1430 ap JC) nous a laissé de merveilleux temples et grands sites comme Angkor Vat , Angkor Tom , Le bayon etc...

Sur le site d' Angkor Tom , on peut visiter un temple dont l' architecture est celle d'une pyramide à degré. 

Il s'agit du Temple nommé le Phimeanakas 

En langue Khmère cela signifie " Le Char Celeste ". 

Le temple fait environ 30 M x 28 M à sa base  et environ 30 M de hauteur, construit sous forme de pyramide à degré (3 gros étages + une terrasse d'environ 30 M x 23 M) 

Contrairement à l'idée reçue , les pyramides font aussi parti des canons architecturaux hindouistes. Cela correpond à un variante pour representer le Mont Meru, la montagne sacrée de la mythologie hindouiste.  Le temple est construit en gros blocs de Laterite.

Image associée

Il presente 4 escaliers assez "raides" pour acceder à la terrasse. Les escaliers sont encadrés par des sculptures de lions et ornés au sommet par des figures de Garudas mâles et femelles (créatures typiques d' "hommes- Oiseaux" / aigles)

Généralement dans l' architecture Khmère , les escaliers sont limites impraticables...non qu'ils furent de mauvais architectes Grand
 sourire mais il y a une raison spéciale à cela:  destinés à être empruntés de côté, de façon à ne jamais faire face au sanctuaire central et donc au dieu.

Une fois surmonté l'epreuve des escaliers , L’étage supérieur du temple est la plus importante structure du Phimeanakas.

Vue de la terrasse aujourd'hui en ruines: Résultat de recherche d'images pour "Phimeanakas"

 

Initialement la construction du Phimeanakas débuta  sous Rajendravarman (941 à 968) mais c'est sous Suryavarman I vers 1040 qu'il fut reconstruit sous forme de pyramide. Il servit des lors de palais privés aux rois Khmers... Voire d' appartements trés privés...

En effet selon la légende du lieu, ce temple abritait autrefois un serpent à neuf têtes.

Ce serpent qui habitait dans le pavillon doré sur le sommet du temple se transformait en femme et séduisait le roi. Dès lors, le roi finit par revenir au temple chaque nuit et coucher avec elle...

Cette legende rapporte sans aucun doute une pratique de Hierogamie* qui devait avoir lieu aussi dans la civilisation Khmer. 

(*Noces - unions sexuelles sacrées d'un dieu - ou d'un humain divinisé en l'occurence içi le roi khmer - et d'une déesse)

Autant pour son architecture , que son histoire et sa legende, ce temple est donc un patrimoine important pour l'étude de la civilisation Khmer.

 @HistoireSecrete  Decembre 2017

23. nov., 2017

 

Du IV eme au XII eme se developpe dans ce qui est aujourd'hui le Vietnam et sur son littoral centre et sud, un royaume puissant celui du CHAMPA et de son peuple CHAM. 

L' apogée de ce royaume du CHAMPA se situant vers le X eme siècle.  Au cours d'environ 10 siecles , les CHAMS batirent des ports mais aussi une cité capitale (?) religieuse de grande ampleur et dont les vestiges (encore abondants à ce jour bien qu'une partie ait été detruite par les combats et bombardements lors de la guerre du Vietnam) témoignent de leur puissance passée.

My Son ( Mi Son) est probablement cette capitale du royaume Champa. Elle  conserve encore une série d'impressionnantes tours-sanctuaires (photo ci contre) dont la plus haute faisait 26 mètres.

Du 4e au 13e siècle, cette culture du Vietnam actuel, a été en lien spirituel avec l’hindouisme du sous-continent indien dynamisé et diffusé alors par la Dynastie Pallawa (sud de l' Inde) et l'empire Gupta au Nord de l' Inde.  Sous cette influence, de nombreux temples ont été dédiés à des divinités hindoues et principalement de SHIVA

  Tête Cham du Dieu Shiva en Electrum (8 eme siecle)

 

De fait les 70 tours-sanctuaires de My Son présentent une variété de dessins symbolisant le Mont Méru, la montagne sacrée mythique, berceau des dieux hindous au centre de l’univers, içi reproduite symboliquement sur terre dans la patrie montagneuse du peuple cham. 

Les temples sont construits en briques cuites et en piliers en grès décorés de bas-reliefs représentant des scènes de la mythologie hindoue.

A noter: Il n'y a aucune trace de mortier et pourtant les tours Cham résistent (sauf aux bombardements...) depuis plus d'un millenaire les briques sont restées soudées les unes aux autres. Les recherches sont en cours pour en percer le secret, l'utilisation possible d'une resine chauffée servant à coller les briques est avancée et en cours d'etude.

 

@HistoireSecrete  Novembre 2017

 

19. nov., 2017

Un dvarapala (ou en sanskrit dvârapâla) est une divinité gardienne de portes des temples bouddhistes et hindouistes.

La plus part du temps armé d'une massue, d'une lance ou d'un trident et d'aspect farouche, et disposé par paire.

Cependant certains petits temples n'en comptent qu'un.

Dans les temples indiens et cambodgiens, les dvarapalas sont généralement représentés en relief sur les murs du temple près de l'entrée, tandis qu'à Java ou en Chine, les dvarapalas sont de grandes statues autonomes.

Le "Binôme" illustrant notre article est le plus impressionnant d' Asie par sa taille. Ces 2 dvarapala gardent les portes du temple Candi Singosari à Java en Indonesie.

@HistoireSecrete Novembre 2017

15. nov., 2017

Direction l' Indonesie, terres transcontinentales, qui fait le lien entre Asie et Australie , située sur la ceinture volcanique de feu du pacifique , comptant plus de 13 000 iles abritant en tout 250 millions de personnes, ce qui en fait le 4 eme pays le plus peuplé au monde. 

Et parmi cette multitude d'humains et d'iles , une grande Ile dont la forme même evoque déjà un symbole fort dans les anciennes cultures et civilisations , Sulawesi (Celebes en Français)

 

SULAWESI dont la forme caractéristique lui donna le nom : Le TRIDENT DE FER , l'ile possedant des mines de Fer ( ressource assez rare donc fort recherchée dans cette zone) - certains disent même qu'elle est l'Ile du Trident de Shiva ( Trisula - Trishula )

Lore Lindu au centre de l' 'île de Sulawesi en Indonésie, est une forêt qui veut garder ses secrets. D' anciennes sculptures megalithiques en granit, dont personne ne peut expliquer la présence y furent decouvertes au debut du XX eme siècle. 

Choc en decouvrant ces 14 statues allant de 50 cm à 4.5 mètres pour la plus grande , perplexité face à un visage géant qui nous fixe,  gravé dans les montagnes de la vallée , curiosité accrue en decouvrant que ce n'est pas moins de 400 sculptures qui sont eparpillées dans toute la zone... certaines sont renversées dans les rivières, leurs visages encore couverts de boue. D'autres sont oubliées dans les rizières.

Sur place, personne ne sait... qui les a sculptés, quand, et pourquoi. La légende locale parle de tres anciens "hommes mauvais" qui ont été transformés en pierre et ont été abandonnés içi.

On trouve également dans cette zone (Vallée de Besoa) de grandes Jarres appelées kalambas, qui peuvent avoir été utilisées comme urnes funéraires ou comme citernes pour l'eau. D'imposant couvercles circulaires de pierres destinés à ces jarres , melangeant representations humaines et simiesques, semblant être en position de prosternation, gisent maintenant sur le sol boueux. 

 

 Derriere cette Légende se cache une réalité moins romanesque... quoique...

Officiellement le megalithisme en Indonesiese se serait développé en parallèle des grands royaumes hindouistes à Sumatra et Java à partir du 7e siècle de notre ère et jusqu'au 14e siècle, et ne se serait diffusé à Sulawesi  , via les marchands , qu' à partir du 16e siècle de notre ère.

Pemettez nous d' en douter pour Sulawesi du moins ! ...

En effet , quand on fait face a un megalithisme non documenté par des ecrits anciens , et dont les locaux ont oublié la génèse, la tentation est grande d'y voir des vestiges plus anciens , des connections plus lointaines...

Ces grandes statues rappelent forcement les Moias sur l' Ile de Paques, ces grandes urnes , celles de la plaine des jarres géantes au Laos...


D'autant que l'histoire de cette ile est tres ancienne et tres riche...

C''est dans le sud de cette même Ile de Sulawesi - Grottes de Maros - qu' ont été decouvertes , des peintures rupestres (datées grace au depot de calcite qui s'etait formé dessus) vieilles de 40 000 ans... Aussi vielles sinon plus que celles des aurignaciens en France.
De nombreuses autres grottes de l' Ile Grottes de Leang Leang ont par ailleurs attesté d'une forte presence humaine vers 3000 ans av JC.

Enfin vers 2000 ans av JC cette Ile a connu l' arrivée d'une civilisation austranésienne importante (en provenance du Sud chine / taiwan) dont nous aurons l' occasion de reparler dans notre nouvelle rubrique consacrée à l' Asie et Pacifique.
Ce megalithisme n'est peut être donc pas aussi isolé et tardif que ce qu' en dit pour l'instant l'archeologie en Indonesie où de vastes zones restent encore à documenter.

@HistoireSecrete  Novembre 2017